Ce film en cache peut être un autre….
Encanto (La Famille Madrigal) film regardé en famille, nous permet de faire une analogie intéressante sur notre terre.
1. La Casita : Notre Écosystème
Dans le film, la maison est un être vivant qui protège et soutient la famille. C’est une métaphore directe de la Terre.
- L’équilibre fragile : Tant que la bougie brûle et que la famille est en harmonie, la maison est généreuse. De même, notre planète offre des ressources et un climat stable tant que ses limites planétaires sont respectées.
- Les fissures invisibles : Au début, seule Mirabel voit les fissures. Cela rappelle les premiers signaux d’alarme scientifiques du 20ème siècle que beaucoup ont choisi d’ignorer ou de nier pour ne pas perturber le confort général.
2. Abuela Alma : Le Statu Quo et le Productivisme
Abuela représente les générations précédentes ou les dirigeants actuels qui sont obsédés par la préservation de l’image et de la tradition au détriment de la réalité structurelle.
- Le déni : « Tout va bien, la magie est forte. » Ce discours ressemble à celui qui privilégie la croissance économique immédiate en ignorant l’épuisement des ressources.
- La peur de la perte : Sa rigidité vient d’un traumatisme passé, tout comme notre dépendance aux énergies fossiles vient d’une ère de progrès industriel qui nous a apporté la sécurité, mais qui aujourd’hui nous menace.
3. Les Dons : La Surexploitation des Ressources
Chaque membre de la famille doit utiliser son « don » pour servir la communauté, mais cela devient un fardeau insupportable.
- Luisa (La Force) : Elle porte tout le poids du village, comme la Terre porte le poids de l’industrialisation. Sa chanson « Sous les apparences » (Surface Pressure) est l’hymne parfait du dépassement des capacités : si elle craque, tout s’effondre.
- Isabela (La Perfection) : Elle représente la nature domestiquée, forcée de ne produire que ce qui est « beau » et utile (comme la monoculture intensive), jusqu’à ce qu’elle explose et laisse place à une nature sauvage et imparfaite, mais résiliente.
4. Bruno : La Science Climatologique
Bruno est le personnage que l’on ne veut pas entendre car il apporte de mauvaises nouvelles.
- « Ne parlons pas de Bruno » : C’est le reflet de la stigmatisation des « prophètes de malheur » ou des scientifiques du GIEC. On l’écarte parce que ses visions obligent à une remise en question inconfortable. Pourtant, il ne cause pas la catastrophe, il ne fait que la prédire pour qu’on puisse l’éviter.
La Solution : La « Nouvelle Fondation »
La fin du film nous donne une leçon d’écologie politique et sociale :
- Reconnaître les fissures : On ne peut pas réparer ce qu’on refuse de voir.
- Changer de modèle : La bougie s’éteint, la magie ancienne (le vieux modèle extractif) disparaît.
- Reconstruire ensemble : La nouvelle maison est bâtie par toute la communauté, sans dépendre d’un miracle magique, mais sur des bases de vérité, d’entraide et de respect des limites de chacun.
En résumé : Le dérèglement climatique, comme les fissures de la Casita, n’est pas une fatalité magique, mais le résultat d’une pression excessive sur un système qui a ses limites.
🧭 Bruno : La Cassandre du Climat
Dans la mythologie grecque, Cassandre avait reçu le don de prédire l’avenir, mais fut condamnée à ce que personne ne la croie. Bruno est la « Cassandre climatique » de la famille Madrigal.
1. Le Scientifique Marginalisé
Bruno possède une vision objective et technique (ses visions de sable). Dans notre monde, il représente les rapports du GIEC ou les lanceurs d’alerte.
- Le rejet du message : La chanson « Ne parlons pas de Bruno » est une métaphore parfaite du déni collectif. On préfère faire taire celui qui annonce une mauvaise nouvelle plutôt que de changer le comportement qui cause le problème.
- La confusion entre message et messager : Le village en veut à Bruno pour les malheurs qu’il prédit (« Il a dit que mon poisson mourrait ! »). De la même manière, on accuse souvent les écologistes de « tuer l’économie » ou de « gâcher la fête », alors qu’ils ne font que décrire une réalité physique préexistante.
2. L’Exil dans les Murs (L’Éco-anxiété)
Bruno ne quitte pas vraiment la Casita, il vit dans les fissures.
- L’isolement : Cela représente l’éco-anxiété profonde. Bruno voit le monde s’effondrer et doit vivre avec cette vérité seul, caché, pendant que le reste du monde continue de danser.
- Le bricolage de solutions : Dans les murs, Bruno essaie de « réparer » les fissures avec du sable et de la colle, tout comme les citoyens qui tentent de petits gestes désespérés pendant que le système global continue de s’effriter.
3. La Vision Ambivalente : L’Incertitude Scientifique
La vision que Bruno donne à Mirabel est particulière : elle change selon l’angle sous lequel on la regarde (soit Mirabel détruit la maison, soit elle la sauve).
- Le point de bascule : C’est l’analogie exacte des modèles climatiques. La science ne dit pas « le monde va finir », elle dit : « Si nous continuons ainsi, voici ce qui arrive ; si nous changeons, voici ce qui peut être sauvé ».
- L’action humaine : Le futur n’est pas écrit dans le marbre, il dépend de l’interaction (l’étreinte) entre les générations et les membres de la société.
4. La Réintégration : La Science au Cœur de la Cité
À la fin du film, Bruno revient. La famille ne lui demande plus de prédire l’avenir pour les rassurer, mais l’accepte tel qu’il est.
- Une gouvernance éclairée : Reconstruire la Casita avec Bruno signifie que la société a enfin intégré la vérité scientifique dans ses fondations. On ne l’écoute plus avec peur, mais comme un guide nécessaire pour construire une structure plus résiliente.
Note clé : Bruno est le personnage qui prouve que le « dérèglement » n’est pas une malédiction, mais une conséquence logique que l’on peut anticiper si l’on accepte de regarder la vérité en face.
EDIT : Texte retravaillé par Gemini

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